L'année agricole 2011 en Dordogne
Réseau des études économiques des Chambres d'agriculture d'Aquitaine - 25 novembre 2011
Bovins lait
La sécheresse est la préoccupation principale de la filière même si l'herbe n’est pas l’alimentation exclusive. L'urgence est de nourrir les animaux car les stocks de foin et les pâturages sont au plus bas. Comme le prévoyait le décret du 31 décembre sur la contractualisation, les laiteries privées ont proposé des contrats à leurs producteurs. Ces derniers s’organisent en association dans l’attente du décret sur les organisations de producteurs. Le retrait de Leche-Pascual va impacter 14 producteurs en Dordogne. Un médiateur a été nommé et rencontre actuellement les acteurs concernés.
Bovins viande
Les tendances du marché sont à la baisse sur la plupart des produits : en veau sous la mère, la baisse de consommation estivale intervient deux mois plus tôt que les autres années et entraîne une baisse des cours plus précoce. En taurillons, les ventes difficiles sur l’Italie et sur la Grèce maintiennent des cours bas. En génisses de Lyon et de Saint Etienne, l’augmentation inhabituelle des sorties d’ateliers a saturé le marché et provoqué une baisse des cours. En broutards, la demande est modérée avec des cours orientés à la baisse pour les mâles. L’essentiel de l’alimentation reposant sur l’herbe, l’élevage de bovins viande, comme celui d’ovins, est la production la plus impactée par la sécheresse. Pour limiter les besoins fourragers de leur troupeau, certains éleveurs ont anticipé des ventes d’animaux avant les premières pluies et cette arrivée d’animaux supplémentaires sur le marché a pesé sur les cours.
Ovins viande
Cette filière est elle aussi fortement impactée par la sécheresse et s’inquiète des volumes qui seront mis en marché au second semestre. Cependant, sur les premiers mois de 2011, on assiste à une baisse des importations, à un maintien des cours de la viande ovine et à une augmentation du prix de la laine. Par ailleurs, la contractualisation en filière ovine a été mise en place suite à un accord interprofessionnel.
Production porcine
La hausse des cours ne suffit pas à compenser l’envolée du coût des aliments composés qui progressent de près de 40 % en un an.
Production caprine
Toujours des mesures de maîtrise des volumes et des prix à la baisse.
Volailles de chair
La filière souffre de la difficulté à répercuter sur le prix de vente final la hausse des coûts de production liée à l’augmentation du prix des aliments.
Palmipèdes gras
Après une progression de l’ensemble du marché du foie gras en 2010, le début de cette année se caractérise par une envolée du coût des aliments, une consommation en baisse de 5% sur les quatre premiers mois, une production française et européenne estimée à la hausse (+4% pour 2011). La filière reste vigilante sur la nécessaire revalorisation des prix de vente.
Grandes cultures
Les surfaces consacrées aux orges et au colza continuent de reculer tandis que les surfaces en blé ou en maïs progressent légèrement. Les rendements des céréales à paille sont très hétérogènes et varient fortement en fonction de la profondeur des sols et de la pluviométrie locale ou de la capacité à irriguer. Les résultats en colza sont médiocres avec une chute de rendement d’environ dix quintaux par hectare. Les dernières pluies, tant attendues mais encore largement insuffisantes, ont pu avoir des effets bénéfiques sur les maïs sans rattraper cependant certaines situations déjà très compromises. Les conditions météorologiques à venir seront déterminantes pour apprécier la contribution possible de cette culture aux stocks à réaliser par les éleveurs pour le prochain hiver.
Viticulture
Le marché est variable selon les appellations : activité régulière en Monbazillac, marché dynamique en Bergerac moelleux, progression des cours en Pécharmant et en Bergerac rosé, peu de disponibilité en Bergerac blanc sec, stabilité sur le Bergerac rouge. Les conditions climatiques induisent une précocité des stades végétatifs de la vigne. Le mode de production bio continue sa progression dans le vignoble. La disparition programmée au 31 décembre 2015 des droits de plantation au sein de l’Union européenne suscite des inquiétudes et des oppositions, soutenues par le Parlement européen qui s’est prononcé le 22 juin pour le maintien de ces droits.
Fruits et légumes
Pour la fraise, les grosses chaleurs ont nui aux rendements. Elles ont provoqué une maturité accélérée des fruits et un regroupement sur la même période de l’offre en fraise de printemps de tous les bassins de production avec un impact négatif sur les prix.
En ce qui concerne la noix, la campagne de commercialisation s’est bien déroulée et le marché est porteur. Plus d’un quart du verger périgourdin est estimé conduit en bio ou en conversion. La précocité de dix à quinze jours observée en pomme fait craindre un télescopage entre régions sur certaines variétés précoces.
La demande en bois continue de se raffermir avec des prix favorables : demande soutenue en pin maritime, légère reprise du secteur chêne, progression en peuplier, demande limitée en parquet de châtaignier mais bien orientée en piquet, forte demande en bois de chauffage.