Le secteur de Villefranche-du-Périgord, Belvès et la moitié du territoire de Domme se mobilisent pour limiter la déprise agricole et la fermeture du paysage. Plusieurs éléments concourent à diagnostiquer une situation critique de ce secteur en proie à la déprise agricole.
Tout d’abord, la mise en place de la charte forestière Sud Périgord a mis en évidence la fermeture du paysage avec des taux de boisement atteignant jusqu’à 70 % sur certaines communes. D’autre part, 118 exploitations agricoles à l’avenir incertain ont été recensées sur trois cantons du secteur. Elles représentent un potentiel de 3 000 ha de friches supplémentaires. Enfin, le CREN Aquitaine (Conservatoire régional des espaces naturels) s’est intéressé à ces espaces délaissés par l’activité agricole pour réaliser une étude sur ses caractéristiques environnementales.
Une opération test a eu lieu en août 2011, sur les communes de Campagnac et de St-Pompon. Ces deux communes, situées dans le sud du Périgord Noir, ont reçu des troupeaux afin d’observer l’impact du pâturage sur des zones en friches.
Ce fût également l’occasion de sensibiliser les éleveurs locaux et de démontrer l’intérêt de ces nouvelles pratiques en terme d’engraissement et d’alternative au système céréales traditionnel.
Propriétaires fonciers et éleveurs travaillent ainsi ensemble à la gestion partagée de leur territoire et les transhumances sont l’occasion de créer localement des événements festifs.
Le pastoralisme est développé au travers de partenariat entre propriétaires fonciers et éleveurs ovins.
Les propriétaires, réunis sous forme d’associations locales de pastoralisme, conservent leurs terres et leur usufruit. Ils mettent à disposition leurs terrains pour une durée limitée. Seules les terres en friche sont concernées. Cela ne comprend en aucun cas la SAU.
Les éleveurs, également rassemblés sous forme associative, installent abreuvoirs et clôtures mobiles le temps de la saison de pâturage. L’union des éleveurs ovins a permis également de trouver des financements pour l’achat de cematériel. L’accès à des mesures agro-environnementales compense certaines dépenses, comme l’embauche d’un berger.
D’autre part, les collectivités locales jouent un rôle important de sensibilisation et de concertation entre les différents acteurs. Outre l’intérêt économique, la sécurisation de ces espaces par rapport aux incendies, le pastoralisme est l’occasion de recréer du lien social.
Transhumance : réconquérire la terre - Sud-ouest du 24/08/2011
Réintroduire le pastoralisme -Réussir le Périgord du 06/05/2011
07.08.2011
Thierry Delpech, un des trois éleveurs ovin participant à ce projet, témoigne :
« L’idée nous est venue tout naturellement en regardant nos troupeaux :les brebis vont sous les châtaigniers ou les noyers se nourrir et s’abriter. Les anciens pratiquaient déjà ce mode d’élevage. D’autre part, le marché des céréales est particulièrement instable et les charges d’alimentation pèsent lourd. Et quand la sécheresse se rajoute à ça, le pastoralisme sur friches mais aussi en sous-bois, ou sur pelouses calcaires, peut être un complément non négligeable, sans prendre sur de la SAU existante. Les communes ont, elles aussi, un intérêt car les brebis deviennent des débroussailleuses sur pattes, gratuites, pour entretenir des surfaces importantes et réduire les risques d’incendie. »